Deux Concertos de Mozart par un jeune pianiste tchèque adoubé par Alfred Brendel, cela s’écoute avec attention d’autant qu’il semble bien que ce sois son premier disque en tant que soliste. Sa sonorité est si belle, si équilibrée, tout y chante d’évidence, immédiatement je sais à un phrasé, à un accent à peine suggéré qu’il est un mozartien de pure race, avec un sens des proportions et du discours que viennent renforcer une absence d’affectation, un dédain des charmes dont le 20e Concerto profite à plein, ombreux comme il peut l’être. Jiri Belohlavek l’y accompagnait d’un geste ample mais ferme en ce 1er mai 2013, on est au concert, comme on l’est également pour le 12e Concerto, enregistré avec les Dolezal dans sa vêture de chambre ; sans les bois, sans l’orchestre, c’est une toute autre partition qu’anime le pianiste tchèque, qui laisse voir à nu l’architecture, les sentiments absolument intimes, quelque chose de mélancolique qui ne sonne pas à ce point dans l’habillage pour le concert. Cette mise en regard entre un Concerto de la maturité et un ouvrage plus « jeune » en effectif allégé ne cesse de m’interroger. Jan Bartos poursuivra-t-il cet étrange juxtaposition en d’autres volumes ?en tous cas, découvrez cet artiste (Discophilia - Artalinna.com). (Jean-Charles Hoffelé)
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