Plus que les duos flûte et guitare où existe un certain déséquilibre, guitare et violon restent plus homogènes en raison d’un contraste moins appuyé s’agissant d’instruments à cordes. En effet, c’est avec le violon que la guitare s’exprime le mieux avec comme meilleur exemple les célèbres dix-huit sonates composées par Paganini. Contemporain et compatriote de celui-ci, Francesco Molino, guitariste concertiste, se produit en Italie, en Espagne, puis à Paris où il s’installe définitivement. Dans la lignée d’une prolifique école italienne avec Giuliani, Carulli et consorts, il compose beaucoup dont ces six sonates pour, selon l’intitulé original : «Guitare avec accompagnement de Violon». Période faste pour de tels duos qui agrémentèrent les salons les plus courtisés d’une Europe avide de musique romantique intimiste. Les frères Tortorelli, Luciano à la guitare et Mauro au violon, nous font découvrir, avec une belle maîtrise, ces œuvres longtemps oubliées et opportunément republiées. Les trois sonates op.2 (1812) sont dédiées à Melle Amélie de Spinola, une de ses élèves et peut-être plus, les trois autres op.7 (1813) sont dédiées à un ami baron. L’échange mélodique entre guitare et violon est parfaitement équilibré, la mise en place et l’interprétation excellentes, faisant de ce disque un plaisant divertissement. (Philippe Zanoly)
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