On sait peu de choses du dénommé Juan Esquivel né vers 1560 dans la région de Salamanque, sinon que l'ensemble de ses partitions figure dans un recueil découvert en 1973 à la catedral de Ronda extraordinaire cité du sud de l'Espagne bâtie à flanc de colline. Un volume de 598 pages imprimé en 1613 regroupant six Messes et un grand nombre de Magnificat, Répons, Hymnes et Psaumes. L'ensemble De Profundis basé à Cambridge et dirigé par le chef Eamonn Dougan a choisi d'enregistrer la Missa Hortus conclusus (…Est Dei genitrix), dernière messe du recueil, en y incorporant un Magnificat et quelques Motets. Basée sur un motet de Rodrigo de Ceballos, qui s'inspirant du Cantique des Cantiques distille plus de sensualité que de prière, les différents états de la messe montrent une grande singularité dans la distribution des voix qui l'éloigne de la missa parodia classique. Le Magnificat quinti toni à six voix alterne versets en plain chant et polyphonie à six voix. Si l'Ave Regina Caelorum est une suite d'éléments imitatifs, le Nunc Dimittis se montre plus concis et déclamatoire. Le flamboyant Sancta Maria quant à lui est une belle réussite de musique pour double chœur, les huit voix produisant une harmonie aussi riche qu'expressive. Après deux albums remarquables consacrés à deux compositeurs de la Renaissance espagnole (Bernardino de Ribera et Sebastian de Vicanco (Hypérion 2014, 2018), l'ensemble De Profundis nous prouve une fois de plus sa parfaite maîtrise de ce répertoire : précision des voix, étagement des pupitres et surtout une belle ardeur communicative. (Jérôme Angouillant)
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