Double paternité pour une des deux messes au programme de ce nouvel opus des Tallis Scholars complétant une série déjà bien pourvue (onze volumes Gimell). La Missa da pacem longtemps attribuée à Josquin fut en fait ré-attribuée par le musicologue Edgar Sparks à un compositeur anversois Noël Bauldeweyn (vers 1509-13). Peter Philips y déniche des merveilles tout en se demandant si telle ou telle partie pourrait être de la plume de Josquin (l'Et Incarnatus et le troisième Agnus Dei). Progressions harmoniques audacieuses jouant sur les hauteurs, textures vocales inédites, la Messe connut une grande notoriété jusqu'au milieu du XIXème siècle. La Missa Mater Patris, considérée comme la dernière de Josquin, doit sa singularité au fait que le compositeur délaisse la densité polyphonique de ses œuvres antérieures pour alléger son écriture, faisant référence à la musique d'Antoine Brumel dont on retrouve un peu partout des citations. Trois longs duos en canons stricts. L'Hosanna cite 34 fois le motif de l'Exaudi de Brumel à toutes les hauteurs modales. Quant au troisième Agnus Dei, il reprend presque la totalité du Mater Patris du même. Quant à la réalisation des Tallis, à ce stade de réalisation technique et d'approfondissement musicologique, on ne peut qu'opiner. Chapeau bas ! (Jérôme Angouillant)
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