A mesure que l'on explore plus systématiquement l'immense ouvre de Martinu, on découvre toujours plus de perles négligées. Son répertoire pour chant et piano fait partie de ces oublis de l'histoire. Serait-ce parce qu'il s'agit là, en grande majorité, d'ouvres de la période formatrice, avant même son départ pour Paris et la naissance de son « vrai » langage ? On constate en effet que les principales influences ayant présidé à ces ouvrages sont Brahms, Dvorák et Smetana avec leur apport tchèque, mais aussi Debussy pour une certaine conception de l'écriture pianistique. Excellent caméléon, Martinu sait également emprunter au ton russe (celui de Moussorgski, en particulier) pour ses Deux chants sur des poèmes russes, ou à Wolf pour les trois textes de Goethe. Voilà pour les ouvres des années 1910-25. Puis on s'éloigne de ces années formatrices pour arriver au Martinu de la première maturité, en particulier avec « Vim Hajicek » et Ceske hadanki (« Devinettes tchèques »), de bien belles choses. Ce CD s'adresse donc en particulier aux mélomanes désireux de mieux connaître les fondations de la musique de Martinu, les influences qui se sont exercées sur lui, et le graduel développement de son langage, venu de Smetana et Brahms pour devenir enfin le grand musicien que l'on connaît.
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