Fils d'organiste, l'allemand Johann Simon Mayr (1763-1845) doit sa réputation de compositeur à ses oratorios de style austro-allemand et à ses opéras "italiens" (Il en composa près de soixante-dix), genre en vogue qui sera par la suite mieux servi par son élève Gaetano Donizetti et Gioacchino Rossini. Devenu maestro di cappella à Bergame, Mayr reviendra à la fin de sa vie au service de l'église. Son corpus religieux s'élève à six cent opus dont ces deux ouvres, une Messe et un Stabat Mater, datées respectivement de 1802 et 1826. On retrouve cette bivalence opéra oratorio dans l'écriture de la Messe en do mineur. Les airs et les parties chorales évoquent plus la scène que la liturgie. Familier des grandes formes, Mayr sait développer son propos. Le style est romantique, le charme (Haydn), le souffle (Beethoven) y côtoient des figures harmoniques banales. L'orchestre est brillant, prompt à servir les voix solistes. Le Stabat Mater quant à lui obéit à une logique plus resserrée, dramatique sur le modèle de Pergolèse. Florian Helgath dirige orchestre et choeur (Concerto Köln, Orpheus Vokalensemble) avec la pugnacité du convaincu. Les voix généreuses des quatre solistes (Malgré un ténor un peu "pincé") se relaient efficacement dans le Stabat Mater. La musique est prenante, l'interprétation ad hoc. Un disque précieux dont l'écoute passe comme un charme. (Jérôme Angouillant)
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