Contemporain de la seconde Ecole de Vienne (et méprisé de celle-ci), Josef Marx considérait la tonalité comme un don la nature, partie intégrante de l'âme humaine. Continuateur de Richard Strauss, il suivit une trajectoire artistique inverse : le bavarois concentra la force de sa jeunesse dans ses poèmes symphoniques pour se tourner ensuite exclusivement vers la musique vocale, le viennois composa tous ses Lieder avant 30 ans, puis ne se consacra plus qu'à la musique instrumentale, à un niveau d'inspiration moins élevé toutefois. De son vivant, Marx fut servi au plus haut niveau : Leo Slezak, Lotte Lehmann, excusez du peu. Mais depuis ? Fischer-Dieskau sans doute, et aujourd'hui ce disque bienvenu qui explore le meilleur d'un corpus de 150 mélodies. Les mille nuances mises à ces partitions par le pianiste Bengt-Ake Lundin témoignent d'une authentique passion pour le compositeur. Porte d'entrée de cet univers, Der Ton, un monde en moins de trois minutes, où Matilda Paulsson exploite au maximum ses ressources de timbres, et de vaillance. Le reste de l'album est au même niveau. Seule réserve, les difficultés constantes de la soliste dans le registre aigu. Un disque pensé et abouti. Vaut le voyage. (Olivier Gutierrez)
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