Mansurian : Mélodies et musique instrumentale

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Fnac Le label allemand ECM nous a révélé en quelques disques, signés d'interprètes prestigieux (Garbarek, Kashkashian, Lubimov, Monighetti, Gutman, Kagan) le compositeur arménien Tigran Mansurian. Diverses œuvres concertantes (Monodia (2008), Quasi parlando (2015) et puis récemment un remarquable Requiem en mémoire du génocide arménien (Liebreich 2017). Peu influencé par ses ainés nationaux, Komitas (Le sacre de la tradition) et Khatchaturian (Le néo-romantique échevelé), Tigran Mansurian, né en 1939, se situe plutôt dans la constellation des Denisov, Schnittke, Pärt et Silvestrov, ses véritables pairs. Par son œuvre vaste et polyvalente (Elle couvre tous les genres, de la chanson à la musique de film (Souvenez-vous : Sayat Nova (Paradjanov (1969) c'était lui !), et son langage musical à la fois accessible et raffiné, il incarne aujourd'hui la musique arménienne contemporaine. En coloriste exigeant, Mansurian joue avec gourmandise avec la palette des timbres de l'orchestre. Il affectionne les textures transparentes, impressionnistes ou pointillistes. Use d'une harmonie peu conflictuelle, lisse, douce et flexible, afin de mettre en valeur des mélodies teintées de folklore aux ornements discrètement inspirés de l'art arménien médiéval. Preuve tangible de cette imprégnation du folklore national, le cycle de mélodies avec orchestre Canti Parralleli (2012) est composé sur des vers de poètes arméniens, opposant trames orchestrales ductiles et fusées mélismatiques de la voix (Mariam Sarkissian au timbre un peu aigre). Deux œuvres sont dédiées au violoniste Oleg Kagan, disparu en 1990. Le Postlude (1992) offre un volubile dialogue entre clarinette et violoncelle sur un somptueux tapis de cordes. De la couleur vive (Ostinati) sur de la grisaille, limite inquiétante. L'Agnus Dei (2006) reprend l'effectif instrumental du quatuor de Messiaen (Pour la fin du temps). Trois parties correspondant au texte de la messe, l'atmosphère recueillie des deux mouvements extrêmes, plus proche de Pärt que du français, s'oppose à l'énigmatique marche du Qui tollis Peccata Mundi tout en déambulation mahlérienne. Alexander Rudin, par ailleurs violoncelliste, dirige l'ensemble moscovite et les solistes (Milkis, Martynov excellents) avec une générosité contagieuse. (Jérôme Angouillant)

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Le label allemand ECM nous a révélé en quelques disques, signés d'interprètes prestigieux (Garbarek, Kashkashian, Lubimov, Monighetti, Gutman, Kagan) le compositeur arménien Tigran Mansurian. Diverses œuvres concertantes (Monodia (2008), Quasi parlando (2015) et puis récemment un remarquable Requiem en mémoire du génocide arménien (Liebreich 2017). Peu influencé par ses ainés nationaux, Komitas (Le sacre de la tradition) et Khatchaturian (Le néo-romantique échevelé), Tigran Mansurian, né en 1939, se situe plutôt dans la constellation des Denisov, Schnittke, Pärt et Silvestrov, ses véritables pairs. Par son œuvre vaste et polyvalente (Elle couvre tous les genres, de la chanson à la musique de film (Souvenez-vous : Sayat Nova (Paradjanov (1969) c'était lui !), et son langage musical à la fois accessible et raffiné, il incarne aujourd'hui la musique arménienne contemporaine. En coloriste exigeant, Mansurian joue avec gourmandise avec la palette des timbres de l'orchestre. Il affectionne les textures transparentes, impressionnistes ou pointillistes. Use d'une harmonie peu conflictuelle, lisse, douce et flexible, afin de mettre en valeur des mélodies teintées de folklore aux ornements discrètement inspirés de l'art arménien médiéval. Preuve tangible de cette imprégnation du folklore national, le cycle de mélodies avec orchestre Canti Parralleli (2012) est composé sur des vers de poètes arméniens, opposant trames orchestrales ductiles et fusées mélismatiques de la voix (Mariam Sarkissian au timbre un peu aigre). Deux œuvres sont dédiées au violoniste Oleg Kagan, disparu en 1990. Le Postlude (1992) offre un volubile dialogue entre clarinette et violoncelle sur un somptueux tapis de cordes. De la couleur vive (Ostinati) sur de la grisaille, limite inquiétante. L'Agnus Dei (2006) reprend l'effectif instrumental du quatuor de Messiaen (Pour la fin du temps). Trois parties correspondant au texte de la messe, l'atmosphère recueillie des deux mouvements extrêmes, plus proche de Pärt que du français, s'oppose à l'énigmatique marche du Qui tollis Peccata Mundi tout en déambulation mahlérienne. Alexander Rudin, par ailleurs violoncelliste, dirige l'ensemble moscovite et les solistes (Milkis, Martynov excellents) avec une générosité contagieuse. (Jérôme Angouillant)


Spécifications du produit

Marque Brilliant
EAN
  • 5028421954899
MPN
  • 95489


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