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Zelenka, dont Bach, de six ans son cadet, possédait des partitions, fut compositeur de la Cour royale de Dresde pour l’église catholique. Les œuvres présentes datent de 1725-26, époque à laquelle Bach s’attelait à son Magnificat et à la Messe en si. Comme lui Zelenka a soin que la musique traduise au plus près le texte. Ecoutez le Magnificat : après un bref prélude instrumental et le premier verset entonné par le chœur, la voix frêle de soprano s’adresse avec humilité à son Dieu miséricordieux avant que le chœur ne célèbre les hauts faits du Dieu puissant («Fecit potentiam…»). L’Amen final, monumental, annonce bien des œuvres classiques ultérieures. Zelenka utilise admirablement les ressources alors nouvelles de l’instrumentation : il exige des flûtes traversières, modernes à l’époque, et leur confie des rôles solistes (Domine Deus du Gloria de la messe; Benedictus). Surnommé le «Bach bohémien», son oubli aura duré un siècle de plus que pour Bach puisqu’on l’exhume depuis 1970 seulement. Le chœur Bach de Marburg, qui se consacre avec persévérance à son œuvre religieuse, y fait merveille. Une découverte essentielle ! (Bruno Fargette)
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