Baryton-basse, c’est la tessiture exacte des « Vier ernste Gesange », celle de Hans Hotter qui les psalmodiait et les priait, inoubliable disque qui aura révélé le Brahms des lieder a toute une génération. Vous ne vous étonnerez pas de voir Michael Volle graver une abondante anthologie de ce que Brahms aura écrit pour cette tessiture entre nuit et étoiles, d’autant qu’à l’instar d’Hans Hotter c’est un Hollandais, un Wotan qui incarne ici les textes de l’Ecclésiaste, mais il sait mettre dans les plus amples déploiements cette tendresse de la parole consolatrice : voila qui le rapproche décidément d’Hotter. La sélection de lieder qui précède le cycle est très librement herborisée dans l’abondant catalogue laissé par Brahms, et se porte plutôt sur les opus sombre. Dommage que les suspensions de « Feldeinsamkeit » n’y figurent pas, hélas. Le voyage se poursuit dans le cycle médiéval des « Romances de la Belle Magelone », avec pour récitant son frère Hartmut Volle, lecture parfaite, mais la vraie perle de cet abondant album reste le disque de duos qu’éclaire le piano paysage d’Helmut Deutsch et d’abord les visions épurées de l’opus 28, petit cycle trop rarement illustré. Pour ces quatre bijoux comme pour l’abondante sélection des « Deutsche Volkslieder », l’alliage avec le timbre sans façon, la voix si généreuse de Stéphanie Iranyi fait merveille. (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
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