Né en 1941, le pianiste, compositeur et chef d’orchestre américain Victor Rosenbaum étudia notamment avec Rosina Lhevinne et Leonard Shure : la grande tradition du piano romantique d’Outre-Atlantique que l’on retrouve magnifiée dans les pages ultimes que Brahms légua à son intrument de prédilection. Les treize pièces regroupées en trois opus sont relativement courtes. Elles synthétisent les différentes évolutions de l'écriture du musicien. Conscient de la signification de l'ensemble, il choisit de lui attribuer affectueusement un sous-titre qui lui convient à merveille : « Berceuses de mes douleurs ». Victor Rosenbaum entre dans cet univers avant tout nordique – Brahms fut éduqué à Hambourg – en exaltant le caractère évolutif de ces pages. De fait, il restitue la nature plus introspective des trois Intermezzi op.117 jouant des couleurs irisées d’un savant clair-obscur. Le soliloque auquel nous assistons devient, au fil des mesures, de plus en plus lyrique. L’opus 118 ne cesse de “questionner” la mélodie, entre le désespoir et l'héroïsme guerrier. Une fois encore, l’interprète nous fait partager sa vision d’une ballade nordique enfermée dans un langage épuré et à l’harmonie pourtant si riche. Voilà un piano élégant à l’instar de ces valses et effluves de rhapsodies conclusives.
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