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Beethoven fut leur première rencontre au disque (pour le label de Wigmore Hall) avant qu’ils ne s’engagent dans leur grande traversée mozartienne, puis les voici abordant la trilogie de Brahms. Avec les années le piano de Cédric Tiberghien a pris ce corps profond, cette densité, parachevant la plénitude d’une sonorité qu’il modèle en une palette pleine de sfumato : pour les clairs-obscurs qui ouvrent la Sonate en sol majeur ce clavier à des replis dans les pianissimos, des suspensions où s’engage l’archet immatériel d’Alina Ibragimova, quasi une flûte par instant. Quel panthéisme ! jusqu’à ces pizzicatos qu’on croirait des gouttes de pluie. Tout au long des trois opus le dialogue amoroso entre les cordes frappées et les cordes frottées révèle les enchevêtrements de ces symphonies déguisées où les lignes pures, toujours sensibles, serpentent sous les feuillages de l’harmonie, tout un monde édénique dont les deux amis révèlent aussi les cotés ombreux, le sombre si beau qui dans la pastorale met cette nostalgie sur laquelle ils ne s’attarderont pas : tout est fluide, jusqu’à un sentiment d’irréel que prolonge le lied déchirant de l’Andante molto de Clara Schumann, postlude magique à ce disque beau comme un nocturne. (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
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