Spohr, Danzi : Orfeo poursuit ses rééditions autour de l’école de Mannheim avec ce disque qui n’a rien perdu de ses qualités depuis sa sortie sous forme de 33T il y a… près de 40 ans. Les œuvres, qui font sans cesse référence à Mozart mais traitent le soliste sur un mode très weberien, sont faciles à écouter : thèmes chantants, vocabulaire de la flûte plutôt limité (gammes et arpèges dans tous les sens), orchestre coloré et traité de façon assez originale. L’écoute des 4 concertos à la suite peut s’avérer lassante si l’on n’est pas un « flute addict », mais chacun picoré isolément est un vrai plaisir. Les interprètes n’y sont pas pour rien : András Adorján, qui fut une star de la flûte de la fin du 20ème siècle et un fin mozartien, n’a aucun mal à faire un sort aux aspects techniques pour laisser couler sa flûte (moderne) chaleureuse et dépourvue de la moindre aspérité. Quant à Hans Stadlmair (qui vient de nous quitter en février), élève de Clemens Krauss dans les années 40 à 50, il arrive à obtenir de son orchestre moderne la texture légère qui convient parfaitement à cette musique dépourvue d’arrière-pensées. Tout cela est fait pour briller et brille incontestablement avec un côté confortable très « eighties » : un excellent disque à découvrir absolument si vous ne le connaissez pas encore. (Olivier Eterradossi)
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