Durant ses années parisiennes, de 1896 à 1915, Alfredo Casella fut l’élève de Fauré et le condisciple de Ravel. Il composa à cette époque plusieurs mélodies pour voix et piano qui, quoique relativement marginales dans son œuvre, permettent une approche intéressante de son style. Malgré son admiration pour Debussy, l’univers de Casella, même face à un poème de Baudelaire ou de Verlaine, est très différent de celui de l’impressionnisme français. De 1902 à 1905, son écriture fait plutôt penser à celle de Zemlinsky : postromantisme, climats sombres et tourmentés, écriture pianistique dense et complexe. De 1910 à 1915, l’écriture s’allège un peu, fait plus de place au silence, devient plus énigmatique et incertaine sur le plan tonal : sans chercher à l’imiter, Casella admirait Schönberg. Lorna Windsor, accompagnée avec soin par Raffaele Cortesi, met sa voix sombre et ronde, souvent plus proche du mezzo que du soprano, au service de cet univers ombrageux et travaillé par l’idée de la mort (cf. «L’Adieu à la vie» sur des textes de Tagore, tout comme, autre point commun, la «Lyrische Symphonie» de Zemlinsky). (Emmanuel Lacoue-Labarthe)
Historique des prix
* L'historique des prix ne contient aucune donnée de Amazon.
Prix mis à jour pour la dernière fois le :