On pourrait reprendre ce que disait Cocteau du musicien Georges Auric à propos de Poulenc : "Ce qu'il y a de plus vif de plus aigu de plus tendre, ce qu'il y a de plus léger et de plus lourd, de plus grave sans cet air grave qui trompe les âmes". Musique tout en sous entendu, d'un néobaroque affiché mais trompeur, le Concerto pour orgue, composé en 1938 est une ouvre sans équivalent en sept mouvements bien contrastés.Plutôt que d'afficher les humeurs lunatiques du personnage, Yannick Nezet Seguin a choisi d'illustrer le métier du compositeur et a pris soin d'isoler chaque épisode pour en sublimer le climat orchestral. Analyse scrutatoire de la partition et lecture raffinée du London Philarmonic Orchestra. La Symphonie avec orgue de Saint Saëns complète ce programme live enregistré dans la belle acoustique du Royal Festival Hall. Ouvre grandiose parée d'une vêture orchestrale épaisse ou soyeuse.La direction de Nezet Seguin est ici plus pertinente bien qu'inégale ("Poco" Adagio distendu, d'une lenteur accablante). Chaque pupitre est ici interpellé par un chef attentif au moindre détail et à la plastique sonore. L'orgue complète et unifie le tout dans un grand geste solennel qui, du reste, fait le bonheur du public invité ce soir là. Quelques longues minutes d'applaudissements enthousiastes achèvent de nous convaincre de la pertinence de ce disque.
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