Le serpent : quel drôle de nom pour un instrument de musique! Et pourtant... De la fin du seizième à la fin du siècle dernier, ce curieux tube fait de bois recouvert de cuir joint sa voix à celles qui entonnent le plain-chant dans les églises. Abondamment décrié par les musiciens modernistes du dix-neuvième (parmi lesquels Berlioz), le serpent tombe dans l'oubli, supplanté par l'ophicléide, puis par le tuba. C'est cette injustice profonde envers les qualités réelles de l'instrument qui suscite aujourd'hui la curiosité du tubiste Michel Godard. En l'associant à la voix, conformément à sa vocation première, et d'autre part aux embouchures modernes de même registre (tuba, bien sûr, et même ophicléide), "Le Chant du Serpent" offre à l'objet maudit une renaissance inespérée dans un répertoire tout neuf. Et les références littéraires, loin de détourner de la musique, nous entraînent dans un monde poétique où l'imaginaire salue avec humour les retrouvailles jubilatoires de l'art vocal - sous toutes ses formes - et du reptile-à-musique.'
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