La Discothèque Idéale de Diapason Volume 18 Œuvres pour piano

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Fnac Alfred Brendel, en conclusion de quelques suggestions pour le coffret regroupant tout le piano de Schumann (Volume XVII de la Discothèque idéale de Diapason), nous soufflait : « Avez-vous pensé à un coffret sur le piano de Brahms ? » Et comment ! Un vieux projet plusieurs fois ajourné, un rêve qui prend finalement forme. Une fois n’est pas coutume, j’ai réalisé seul la sélection de ces onze CD puisés pour l’essentiel dans le Domaine public. Il offrait un vaste choix, à trois opus près – la Sonate no 1, sauvée par un LP de György Sebök inédit en CD, les Variations op. 9, où la nostalgie s’obstine et tient à l’écart les amateurs de brillant, enfin les deux cycles de variations malaimés de l’Opus 21. La plupart des « intégrales » du piano brahmsien font l’impasse sur les quelques études (ou s’en tiennent à la Chaconne) et sur les danses où se reflète sa connaissance des musiques baroques (l’une des gavottes sera refondue dans le Sextuor en sol majeur). Vous les trouverez bien ici, ainsi que les oeuvres originales pour deux pianos ou quatre mains. Bien des hésitations ont été réglées en plaçant tête à tête deux interprétations complémentaires. Soit une mise en perspective toujours éclairante pour le discophile, et une façon de ne pas renoncer à quelques trésors de qualité sonore plus ou moins précaire – des versions mieux captées les suivent. Prodigieux à l’orchestre autant qu’au clavier, le Concerto no 2 gravé par Wilhelm Backhaus et Karl Böhm en 1939 répond ainsi à un concert de Claudio Arrau avec Hans Schmidt-Isserstedt (1963). Et en bonus, l’un des rares pianistes respectant l’indication métronomique proprement « allante » de l’Andante : Arthur Rubinstein en 1929, en marge des adagios sublimes que l’habitude a déformés. Et pour le Concerto no 1, Arrau/Giulini ou Arrau/Haitink ? Dilemme tranché en s’éloignant des studios : Arrau/Kubelik, transcendants l’un et l’autre à Munich en 1964. Face à eux, Rudolf Serkin et George Szell en mono – trésor resté dans l’ombre à l’âge du CD, tandis que Sony rééditait en boucle le remake stéréo. La rareté de certaines publications a pu faire pencher la balance. Pour les Ballades op. 10, le live d’Emil Guilels allait de soi, comme le concert de Lugano où Serkin, en 1957, dévorait méticuleusement les Variations Handel. L’occasion était trop belle de ressortir ici le transfert que Philippe Morin avait réalisé jadis de la Sonate op. 5 par Edwin Fischer, inégalé. En CD, les Variations Paganini de Geza Anda (1953) n’avaient guère connu qu’un vilain transfert étouffé, chez Testament : les revoici gratouillement compris, et le jeu de l’artiste se redéploie en trois dimensions. En contrepoint, la démesure plus fantasque et la palette du géant Egon Petri, disciple de Busoni. Foisonnants, fascinants, essentiels, les cinq cahiers de Klavierstücke ou Fantasien (Opus 76, 116-119) sont le plus souvent donnés entiers aujourd’hui. Un usage moderne, qui en fait des cycles tandis qu’au temps de Brahms, et encore dans les années 1950, les pianistes (et Rubinstein le premier) y voyaient d’abord des recueils où piocher, en concert comme au disque, une ou deux pièces. Les deux « méthodes » se croisent dans les derniers CD de notre coffret qui se referme, sans préméditation, sur un chassé-croisé de Backhaus et Rubinstein dans les quatre volets de l’Opus 119. Quel symbole ! (Gaëtan Naulleau)

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Alfred Brendel, en conclusion de quelques suggestions pour le coffret regroupant tout le piano de Schumann (Volume XVII de la Discothèque idéale de Diapason), nous soufflait : « Avez-vous pensé à un coffret sur le piano de Brahms ? » Et comment ! Un vieux projet plusieurs fois ajourné, un rêve qui prend finalement forme. Une fois n’est pas coutume, j’ai réalisé seul la sélection de ces onze CD puisés pour l’essentiel dans le Domaine public. Il offrait un vaste choix, à trois opus près – la Sonate no 1, sauvée par un LP de György Sebök inédit en CD, les Variations op. 9, où la nostalgie s’obstine et tient à l’écart les amateurs de brillant, enfin les deux cycles de variations malaimés de l’Opus 21. La plupart des « intégrales » du piano brahmsien font l’impasse sur les quelques études (ou s’en tiennent à la Chaconne) et sur les danses où se reflète sa connaissance des musiques baroques (l’une des gavottes sera refondue dans le Sextuor en sol majeur). Vous les trouverez bien ici, ainsi que les oeuvres originales pour deux pianos ou quatre mains. Bien des hésitations ont été réglées en plaçant tête à tête deux interprétations complémentaires. Soit une mise en perspective toujours éclairante pour le discophile, et une façon de ne pas renoncer à quelques trésors de qualité sonore plus ou moins précaire – des versions mieux captées les suivent. Prodigieux à l’orchestre autant qu’au clavier, le Concerto no 2 gravé par Wilhelm Backhaus et Karl Böhm en 1939 répond ainsi à un concert de Claudio Arrau avec Hans Schmidt-Isserstedt (1963). Et en bonus, l’un des rares pianistes respectant l’indication métronomique proprement « allante » de l’Andante : Arthur Rubinstein en 1929, en marge des adagios sublimes que l’habitude a déformés. Et pour le Concerto no 1, Arrau/Giulini ou Arrau/Haitink ? Dilemme tranché en s’éloignant des studios : Arrau/Kubelik, transcendants l’un et l’autre à Munich en 1964. Face à eux, Rudolf Serkin et George Szell en mono – trésor resté dans l’ombre à l’âge du CD, tandis que Sony rééditait en boucle le remake stéréo. La rareté de certaines publications a pu faire pencher la balance. Pour les Ballades op. 10, le live d’Emil Guilels allait de soi, comme le concert de Lugano où Serkin, en 1957, dévorait méticuleusement les Variations Handel. L’occasion était trop belle de ressortir ici le transfert que Philippe Morin avait réalisé jadis de la Sonate op. 5 par Edwin Fischer, inégalé. En CD, les Variations Paganini de Geza Anda (1953) n’avaient guère connu qu’un vilain transfert étouffé, chez Testament : les revoici gratouillement compris, et le jeu de l’artiste se redéploie en trois dimensions. En contrepoint, la démesure plus fantasque et la palette du géant Egon Petri, disciple de Busoni. Foisonnants, fascinants, essentiels, les cinq cahiers de Klavierstücke ou Fantasien (Opus 76, 116-119) sont le plus souvent donnés entiers aujourd’hui. Un usage moderne, qui en fait des cycles tandis qu’au temps de Brahms, et encore dans les années 1950, les pianistes (et Rubinstein le premier) y voyaient d’abord des recueils où piocher, en concert comme au disque, une ou deux pièces. Les deux « méthodes » se croisent dans les derniers CD de notre coffret qui se referme, sans préméditation, sur un chassé-croisé de Backhaus et Rubinstein dans les quatre volets de l’Opus 119. Quel symbole ! (Gaëtan Naulleau)


Spécifications du produit

Marque DIAPASON
EAN
  • 3701025824240
MPN
  • DIAPCF018


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