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Au début du XVIIe siècle en Hongrie, la belle comtesse Erzsébet Báthory (Julie Delpy), dotée d'une intelligence hors du commun, est la femme la plus puissante du royaume. Pendant que son époux guerroie contre les Turcs, elle gère château et domaine d'une main de fer. Peu de temps après la mort de son mari, Erzsébet, à l'aube de la quarantaine, rencontre le jeune Istvan Thurzo (Daniel Brühl). Vingt années les séparent, mais ils s'éprennent follement l'un de l'autre. Jaloux et envieux, le père d'Istvan (William Hurt) éloigne perfidement ce dernier. Sans nouvelles de son amant, Erzsébet perd la tête. Convaincue que sa beauté flétrie est la cause de son malheur, elle se persuade que le sang de jeunes vierges lui offrira à la jeunesse éternelle. Passée derrière la caméra en 2002, l'actrice Julie Delpy avait suscité l'enthousiasme en 2007 avec son deuxième long-métrage "2 Days In Paris" , une comédie de mours gonflée et jubilatoire. Elle change de registre ici, mais impressionne tout autant. Cette évocation très personnelle de la véritable Erzsébet Báthory, passée à la postérité sous le sobriquet de "Comtesse sanglante" , est mise en scène avec une étonnante maîtrise. Sans verser dans l'académisme, ni dans l'horreur grand-guignolesque ou le gore, cette histoire d'amour contrariée, et plaidoyer féministe manifeste (tous les hommes ici sont faibles ou perfides, et profondément misogynes), jongle intelligemment avec la légende populaire et la probable vérité historique (conspiration pour écarter de la vie politique et économique une femme trop influente). Julie Delpy filme son visage de quadragénaire sans complaisance, et cette mise en abyme distille un parfum troublant. Diffusé en salles en 2010, "La Comtesse" a trouvé une résonance particulière auprès du public féminin, plus ou moins soumis aux diktats d'une société obsédée par le jeunisme.
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