La scordatura, est à la fin du XVIIème siècle l’art de désaccorder pour mieux accorder. Pour le violon, le maître oublie les quintes et aligne les cordes en tierces, unissons ou octaves, l’instrument passe de mélodique à harmonique et s’en voit profondément métamorphosé pour le meilleur ! L’autrichien Biber (1644-1704) en fut le fer de lance avec ses sonates du rosaire. Ici la violoniste japonaise Mayumi Hirasaki, « concertmaster » du Concerto Köln, dévoile un programme d’une sublime élégance et d’un parfait équilibre. Les œuvres, des suites de danses, nous remémorent au-delà de la scordature, combien le stylus fantasticus cher aux poètes musiciens de l’Europe baroque, laisse de libertés aux interprètes - écoutez les improvisations d’une bienveillante tendresse données par des continuïstes jamais dans l’ostentation mais qui accompagnent, ou plutôt ornent avec raffinement, un violon où rien ne dépasse ; tout est ciselé avec finesse, rien n’est vulgaire, même dans les mouvements de danses populaires d’une pastorale de Tartini. Mayumi Hirasaki et ses compagnons transcendent l’art de la scordatura pour une classe de maîtres qui, si on oublie quelques défauts regrettables de montage, font de ce disque un véritable diamant. (Florestan de Marucaverde)
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