Plusieurs approches sont requises pour bien cerner la démarche que l’on nous propose ici. Sa source en est le poème du Minnesänger Frauenlob, l’un des douze maîtres trouvères allemands, dont ce lai (non traduit) en louange à la Croix a heureusement été conservé avec deux autres, celui consacré à la Vierge ayant valu au musicien son surnom. Un savant travail de recherche a été mené par Karsten Gundermann, en vue de la restauration de l’œuvre, ce dont on ne peut que se féliciter. Mais cette besogne est complétée dans une perspective de « recomposition » (sic) pour solistes, chœur de chambre et orchestre symphonique. Et c’est là la limite de ce projet auquel on a finalement ajouté une harmonisation et une orchestration qui, si elles n’ont rien de médiéval, ne brillent pas non plus par leur originalité. Bien entendu, une version prétendument authentique aurait été une illusion, voire une imposture, mais bien des ensembles de musique ancienne nous ont cependant offert des reconstitutions crédibles. A l’opposé, un compositeur au langage plus contemporain aurait pu user d’audace et donner une nouvelle vie à ce beau, long et dense poème chanté. L’auditeur reste ici sur une impression d’inachevé, d’autant que l’interprétation est elle-même assez convenue. (Alain Monnier)
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