Même si "CoronAtion I: io son ferito ahimè" peut sembler constituer une exception à la logique de la série Solo, puisque le percussionniste est, au long de cette pièce – qui aurait trouvé sa place à côté du Lux Aeterna de Györgi Ligeti dans la bande son de 2001, Odyssée de l’espace –, entouré du halo sonore d’un sample électronique, son choix comme ouverture du disque consacré aux compositions pour instrument seul d’Olga Neuwirth (née en 1968) conforte cette ligne centrale dans l’œuvre de l’Autrichienne : l’exploration et l’intrication des matériaux et textures, variés, mélangés et conservant malgré tout leur identité originale. Il en va de même pour "Magic Flu-idity" où coexistent flûte et machine à écrire Olivetti, ou "Torsion" , pour basson, qui contraste – et cohabite – fièrement avec l’électronique. La juxtaposition omniprésente de différentes réalités sonores signe une des caractéristiques avant-gardistes de l’esthétique de Neuwirth qui, dans "Indicendo/Fluido" , fait jouer un enregistrement sur CD de notes d’ondes Martenot à l’intérieur même du piano, qu’elle utilise, au travers d’une façon innovante de préparer l’instrument, comme nouvelle caisse de résonance – une façon, encore, de repousser les limites pour cette élève de Luigi Nono et de Tristan Murail. (Bernard Vincken)
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