La famille Lübeck n’a vraiment pas facilité la vie des musicologues en prénommant trois de ses membres compositeurs Vincent. Celui qui nous intéresse principalement, n’a laissé malgré sa longue vie que quelques impressionnantes pièces pour grand orgue (interprétées ici sur le magnifique orgue baroque de l’église Saint Laurent à Alkmaar (Pays Bas)), quelques pièces pour clavecin et quelques cantates, dont quelques-unes ont été enregistrées. On comprend à l’écoute des pièces d’orgue dans le style grandiose de l’Allemagne du Nord l’influence qu’il a pu avoir sur Jean-Sébastien Bach. Orphelin de père à 1 an, Vincent II fut élevé par son beau-père organiste, qui fut son premier professeur. Il compila à partir de 1691 un recueil manuscrit qui inclut quelques pièces de son défunt père, et ou son fils (Vincent III) ajouta quelques morceaux de son cru, à côté de transcriptions d’airs d’opéra de Keiser. Ce florilège visiblement destiné à l’enseignement (Vincent II était extrêmement réputé comme enseignant et expert en construction d’orgues) contient des airs délicieux qui illustrent une inspiration plus populaire mais tout aussi riche du compositeur. Ils sont interprétés ici au clavecin ou à l’orgue positif (pourvu d’un savoureux jeu de régale) par l’excellent Manuel Tomadin. (Jean-Michel Babin-Goasdoué)
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