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Noël et les étrennes le même jour : 5 premières mondiales au disque entourant un diamant noir, le motet « Tristis est anima mea…». Peu importe que l’attribution à Kuhnau de certaines de ces œuvres soit douteuse : de qui qu’elle émane, cette musique mérite qu’on lui prête l’oreille. Dans les cantates, le mélange des timbres à la fois festifs et chaleureux (habits de Pâques pour la plupart, avec trompettes, cors, trombones et timbales) avec l’humanité palpable, la qualité de diction et l’individualité sonore des voix solistes (le charme du «un par parties ») fait naître une émotion d’autant plus forte que les interventions soli des chanteurs sont d’une brièveté de haïku (moins d’une minute parfois, jamais plus de trois) qui touche en plein cœur. Par contraste, les quatre minutes à peine du motet in stile antico ouvrent sur des abîmes de dépouillement, d’humilité, de gravité et de douleur. 2022 verra le tricentenaire de la mort de Kuhnau : Opella Musica et camerata lipsiensis prévoient d’enregistrer l’intégralité de ce qui nous est parvenu de sa musique sacrée, que les éditions Pfefferkorn publieront en parallèle. Après ce volume 1, que dire sinon : « encore, encore ! ». (Olivier Eterradossi)
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