Belle époque qui voit émerger une telle diversité de timbres et de personnalités parmi les contre-ténors. Il importe donc de se distinguer, par le timbre d’abord, ici les graves cuivrés d’un bel alto, mais aussi par le répertoire. Pas de tubes dans cet album qui aborde l’œuvre vocale de Haendel par son versant le moins fréquenté. Des neuf airs allemands, on ne connaît avec exactitude ni les dates de composition, ni la tessiture, ni la formation auxquelles ils étaient destinés. Elles ne semblent pas constituer un cycle. Le jeune chanteur allemand Fritz Spengler et le chef Christian Voss en font des pièces avec violon obligé, soutenu par le continuo. L’arrangement fonctionne bien, et nous vaut notamment un Süsse Stille rêveur, où le chanteur déploie des trésors de legato. La musikalische Fechtschul’ de Schmelzer, plus qu’une musique de ballet pour les fêtes de Carnaval, est un cycle de romances sans paroles. Le récital se termine sur une note plus légère avec les chansons étudiantes d’Adam Krieger, qui préfigurent un certain Schubert. Quel chemin relie les airs de Kaiser au Lied romantique ? Ecouté attentivement, ce disque intelligent vous en donnera une idée. (Olivier Gutierrez)
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