Ne vous fiez pas à un curieux texte circulant sur internet : si Julia Fischer s’est bien fendue de quelques lignes de parrainage, elle ne joue pas une note ici. Ceci dit, voici une sorte de disque-concept que Matthias Well a voulu placer sous l’égide d’une « guilde oubliée des violonistes funéraires » qu’il aurait découverte après la lecture d’un ouvrage de 2006, « An Incomplete History of the Art of Funerary Violin ». Seul problème : un coup d’œil au New York Times du 4 octobre 2006 vous apprendra que ce livre est un monumental canular ! Bon… voyons le programme. Voici « St James Infirmary » (l’histoire d’un soldat qui, ayant dilapidé son argent avec des prostituées, meurt d’une maladie vénérienne) voisinant avec l’andante de la sonate BWV 1003 de J.S. Bach et une aria de Stradella (se retourneront-ils dans leur tombe?), ou « Bonnie at Morn » (« une jolie image de la vie de famille » selon les éditeurs du « Northumbrian Minstrelsy » en 1882)… Admettons donc qu’une musique est « funèbre» dès lors qu’elle peut traduire la tristesse si on la joue lors d’une cérémonie funéraire… et qu’elle dure environ 3 minutes. Les interprètes sont sans doute sincères mais en font des tonnes, je vais ranger ce disque au rayon « curiosités amusantes » (un comble !) en espérant m’en servir le plus tard possible. (Olivier Eterradossi)
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