« Mon père n’avait pas voulu me laisser entreprendre l’étude du piano. Sans cela il est probable que je fusse devenu un pianiste redoutable1. » Tirées du quatrième chapitre des Mémoires d’Hector Berlioz, ces deux phrases quelque peu goguenardes ont souvent été utilisées pour illustrer les rapports problématiques que leur auteur a entretenus avec le piano et les pianistes. L’idée de consacrer un programme purement pianistique en hommage au grand compositeur d’œuvres orchestrales pourrait paraître farfelue. Pourtant, au-delà de l’amitié précoce et indéfectible qui l’a lié à Franz Liszt, le plus emblématique des pianistes romantiques, c’est toute la vie de Berlioz qui a été marquée par des relations plus ou moins étroites avec des pianistes : de son éphémère fiancée Camille Moke, pianiste virtuose et compositrice de talent, à Berthold Damcke, un des rares bons amis de ses vieux jours, Berlioz a fréquenté, écouté, critiqué, subi parfois, mais aussi dirigé en concert et applaudi nombre des maîtres du clavier de l’époque. Si le nom de Liszt vient bien sûr le premier à l’esprit, il est loin d’être le seul. Parmi eux, certains ont dédié des œuvres à Berlioz, que ce soit à l’ami, au grand critique révéré pour la qualité de son jugement et craint pour son humour corrosif, au représentant éloquent du fantastique en musique, au maître admiré, ou encore à la célébrité lointaine et vénérée ; d’autres l’ont aidé, en tant que transcripteurs ou qu’éditeurs ; tous ont rendu hommage à son génie. En proposant un programme où se rencontrent des compositeurs de tous ces types, c’est le vaste monde du piano embrassé par Berlioz que Daniel Propper nous fait découvrir.
Historique des prix
* L'historique des prix ne contient aucune donnée de Amazon, Amazon Marketplace.
Prix mis à jour pour la dernière fois le :