Formation suisse plutôt originale, d'un alliage d'autant plus subtil que la délicate captation en est ici idéale. Leur association Perlamusica remonte à presque dix ans. Ils ont concerté avec orchestre de chambre, ont même réorchestré (mais pour cuivres) des concertos de Bach, Beethoven et Rodrigo (le fameux d’Aranjuez !). Ils commencent par les créations d'un duo homologue, celui du pianiste turinois Luciana Bigazzi et du guitariste Maurizio Colonna, dont les effets comme de lumière renvoient aussi à la peinture (Cézanne). Ensuite, avec cet éminent compositeur pour guitare, florentin ayant fui l'Europe antisémite pour les Etats-Unis, et fréquent collaborateur d'Andrés Ségovia que fut Mario Castelnuovo Tedesco, l'inspiration se structure entre écho (Debussy) et rythmique (Manuel de Falla). Auteur d'un concerto pour guitare, le suisse Hans Haug ne boudait pas l'assentiment populaire et, lui aussi, relie volontiers art sonore et art visuel. Entre tango et samba, l'autrichien Gerald Schwertzberger, également contrebassiste, était d'une inspiration plus latino-américaine (il enseigna au Guatemala). L'anglais John W. Duarte, chimiste devenu guitariste autodidacte, et autre ami de Ségovia, joue ici avec un thème de Castelnuovo Tedesco, le monde est petit. Compositeur milanais et chef parfois iconoclaste, Paolo Pessina confirme une veine pleine de vitalité et de liberté, entre humour et désenchantement. Enfin, on ne présente plus le maître Piazzolla, qui parachève une session d'un grand raffinement, en en confirmant le charme insidieux. (Gilles-Daniel Percet)
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