Estampes images I et II Children's Corner 5 études

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Fnac « J’aime presque autant les images que la musique », confie Debussy en 1911. L’aveu ne surprend pas chez ce passionné de peinture préraphaélite et d’art japonais, adorateur de Turner (« le plus beau créateur de mystère qui soit en art »). Dans le domaine du piano, c’est en se référant à la dimension visuelle qu’il atteint sa pleine maturité, comme en témoignent les trois Estampes (1903), les deux séries d’Images (1905 et 1907) et deux pièces isolées relevant du même univers : L’Isle joyeuse et Masques (1903-1904). Il généralise alors les titres évocateurs. Pagodes s’inspire du gamelan indonésien, stylisant ses timbres, son pentatonisme et sa superposition de couches sonores évoluant chacune à une vitesse différente. Sur un rythme obsédant de habanera, La Soirée dans Grenade diffuse le parfum capiteux d’une nuit andalouse. Fasciné, Manuel de Falla remarque : « La vérité sans l’authenticité, pourrions-nous dire, étant donné qu’il n’y a pas une mesure qui soit directement empruntée au folklore espagnol et que, ce nonobstant, tout le morceau dans ses moindres recoins fait sentir l’Espagne. » Jardins sous la pluie cite Nous n’irons plus au bois et Do, do, l’enfant do, poétise l’écoulement de l’eau, le bruissement des feuilles et le retour du soleil. Cette Estampe s’inscrit dans un paysage français familier, Debussy n’ayant jamais voyagé en Orient, guère plus en Espagne, dont il a seulement entrevu San Sebastian en 1880. En 1905, il déclare à son éditeur Durand qu’il travaille à Reflets dans l’eau « d’après les plus récentes découvertes de la chimie harmonique ». La réflexion vaut pour toutes les Images. Hommage à Rameau, à jouer « dans le style d’une Sarabande mais sans rigueur », célèbre le musicien qui, au XVIIIe siècle, avait établi les fondements de l’harmonie moderne. Les paysages dépourvus de présence humaine et les évocations exotiques suscitent une musique aussi mystérieuse que les cloches filtrées par les frondaisons, aussi énigmatique qu’un temple ancien sous la lueur de la lune, aussi scintillante que des poissons dorés sur un panneau de laque japonais (objet que possédait le compositeur, qu’on peut admirer en couverture). Debussy : Estampes. Images. Children’s Corner. Etudes. NO 102 TT : 83’06’’ * Avec l’aimable autorisation des éditions Chandos. Cette floraison exceptionnelle coïncide avec la rencontre d’Emma Bardac, dont Debussy devient l’amant probablement au début de l’année 1904. Sa passion éclate dans l’exubérance chatoyante de L’Isle joyeuse, qu’il comparera ensuite au Pélerinage à l’île de Cythère de Watteau, précisant que sa pièce contient toutefois « moins de mélancolie » que le tableau. Masques tourbillonne, comme Mouvement, mais avec plus d’inquiétude, la fluidité opalescente de l’épisode central tempérant à peine ses harmonies mordantes. « Ce n’est pas la comédie italienne, mais l’expression tragique de l’existence », aurait déclaré Debussy à Marguerite Long. C’est pour sa fille Chouchou qu’il compose Children’s Corner (1906-1908). Si l’on excepte Doctor Gradus ad Parnassum (référence faussement sévère à des études pour piano de Clementi et de Czerny), il propose là de nouvelles images, puisqu’il croque avec tendresse des jouets et jeux enfantins. La dernière pièce, où la citation du motif principal de Tristan et Isolde de Wagner doit être jouée « avec une grande émotion », emprunte son titre à Golliwogg, poupée noire de livres pour enfants dessinée par Florence Kate Upton. (Hélène Cao)

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« J’aime presque autant les images que la musique », confie Debussy en 1911. L’aveu ne surprend pas chez ce passionné de peinture préraphaélite et d’art japonais, adorateur de Turner (« le plus beau créateur de mystère qui soit en art »). Dans le domaine du piano, c’est en se référant à la dimension visuelle qu’il atteint sa pleine maturité, comme en témoignent les trois Estampes (1903), les deux séries d’Images (1905 et 1907) et deux pièces isolées relevant du même univers : L’Isle joyeuse et Masques (1903-1904). Il généralise alors les titres évocateurs. Pagodes s’inspire du gamelan indonésien, stylisant ses timbres, son pentatonisme et sa superposition de couches sonores évoluant chacune à une vitesse différente. Sur un rythme obsédant de habanera, La Soirée dans Grenade diffuse le parfum capiteux d’une nuit andalouse. Fasciné, Manuel de Falla remarque : « La vérité sans l’authenticité, pourrions-nous dire, étant donné qu’il n’y a pas une mesure qui soit directement empruntée au folklore espagnol et que, ce nonobstant, tout le morceau dans ses moindres recoins fait sentir l’Espagne. » Jardins sous la pluie cite Nous n’irons plus au bois et Do, do, l’enfant do, poétise l’écoulement de l’eau, le bruissement des feuilles et le retour du soleil. Cette Estampe s’inscrit dans un paysage français familier, Debussy n’ayant jamais voyagé en Orient, guère plus en Espagne, dont il a seulement entrevu San Sebastian en 1880. En 1905, il déclare à son éditeur Durand qu’il travaille à Reflets dans l’eau « d’après les plus récentes découvertes de la chimie harmonique ». La réflexion vaut pour toutes les Images. Hommage à Rameau, à jouer « dans le style d’une Sarabande mais sans rigueur », célèbre le musicien qui, au XVIIIe siècle, avait établi les fondements de l’harmonie moderne. Les paysages dépourvus de présence humaine et les évocations exotiques suscitent une musique aussi mystérieuse que les cloches filtrées par les frondaisons, aussi énigmatique qu’un temple ancien sous la lueur de la lune, aussi scintillante que des poissons dorés sur un panneau de laque japonais (objet que possédait le compositeur, qu’on peut admirer en couverture). Debussy : Estampes. Images. Children’s Corner. Etudes. NO 102 TT : 83’06’’ * Avec l’aimable autorisation des éditions Chandos. Cette floraison exceptionnelle coïncide avec la rencontre d’Emma Bardac, dont Debussy devient l’amant probablement au début de l’année 1904. Sa passion éclate dans l’exubérance chatoyante de L’Isle joyeuse, qu’il comparera ensuite au Pélerinage à l’île de Cythère de Watteau, précisant que sa pièce contient toutefois « moins de mélancolie » que le tableau. Masques tourbillonne, comme Mouvement, mais avec plus d’inquiétude, la fluidité opalescente de l’épisode central tempérant à peine ses harmonies mordantes. « Ce n’est pas la comédie italienne, mais l’expression tragique de l’existence », aurait déclaré Debussy à Marguerite Long. C’est pour sa fille Chouchou qu’il compose Children’s Corner (1906-1908). Si l’on excepte Doctor Gradus ad Parnassum (référence faussement sévère à des études pour piano de Clementi et de Czerny), il propose là de nouvelles images, puisqu’il croque avec tendresse des jouets et jeux enfantins. La dernière pièce, où la citation du motif principal de Tristan et Isolde de Wagner doit être jouée « avec une grande émotion », emprunte son titre à Golliwogg, poupée noire de livres pour enfants dessinée par Florence Kate Upton. (Hélène Cao)


Spécifications du produit

Marque DIAPASON
EAN
  • 3701025805461
MPN
  • DIAP102


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