Les rumeurs faisant état de sa disparition ont été largement exagérées. Près de cinq ans après son dernier album, le groupe de Leeds, AUTOBAHN, revient sur le devant de la scène avec la sortie de son troisième album, « Ecstasy of Ruin ». Une demidécennie, c'est à la fois très long et très court : certaines choses changent à jamais, tandis que d'autres restent éternellement les mêmes... C'est ainsi qu'AUTOBAHN réapparaît en conservant de nombreux éléments, caractérisés par le post-punk industriel, qui a fait la force du groupe sous les opus précédents. Mais sous le capot, il s'agit d'une machine bien plus affutée et concentrée. AUTOBAHN 3.0. Si « The Moral Crossing » de 2017 était un album défini par sa section rythmique, il n'est pas anodin que la nouvelle version d'AUTOBAHN se dévoile amputée de son batteur. Tout changement nécessite une évolution. Les batteries live ont cédé place aux boîtes à rythmes et autres samplers, ce qui a permis au groupe de reconfigurer son esthétique dark pour en faire une version plus proche de l'EBM - Electronic Body Music. Comme pour son précédent album, il s'agit de morceaux entièrement autoproduits, enregistrés entre deux studios construits de manière DIY par le groupe avec du matos analogique, récupéré dans le légendaire studio de Martin Hannett. AUTOBAHN apparaît alors comme les successeurs de la longue tradition de musique crépusculaire émanant du nord de la Grande-Bretagne, qu'il s'agisse de Hull avec les activités transgressives de COUM Transmissions, des groupes venant de Sheffield Steel City ou de l'histoire gothique de leur propre ville natale Leeds. C'est un noble flambeau qu'ils portent.
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