Sachant que les icônes sont faites pour être brûlées, on ne donnait plus cher de la peau de Will Oldham. Au fil des disques, il était devenu ce petit prince entre guillemets du folk lo-fi. Pas de chance pour nos bonnes résolutions ? le détester, lui faire payer son statut ?, il sort le magnifique Ease down the road. Dans les disques précédents de Will Oldham, il y avait toujours une esthétique confuse et à la longue fatigante du mal-foutu, entre pose arty et arthrite, une auto-complaisance dans le malheur. Ici, Will Oldham chante comme s'il avait fait la paix avec lui-même, avec ses musiciens, avec le style, avec le monde. Sur le fond, rien de nouveau. Sur la forme, pas grand-chose. L'écriture de Will Oldham n'a pas changé, mais il s'accompagne de musiciens à la hauteur des compositions, il privilégie le chant en duo, les harmonies vocales et revient ainsi à la source de la country-music. Il fait attention à ses chansons parce qu'elles sont ce qu'il a de plus précieux. Souvent, les chansons de Ease down the road semblent avoir toujours été là, comme des classiques oubliés de Leonard Cohen ou Willie Nelson, les parrains spirituels de ce disque. Le premier album de Bonnie "Prince" Billy s'appelait I see a darkness. Cette fois-ci, il a vu la lumière.
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