Les quatuors de flûte à bec ont prospéré dans le sillage du mouvement de redécouverte de la musique ancienne du dernier quart du XXe siècle. Le Loeki Stardust Quartet joua un rôle moteur en traçant les 4 voies qui déterminent encore le « champ d’action » de ce type de formation : a/interprétation du corpus d’œuvres historiquement attesté — Renaissance, et « baroque » — b/transcriptions, réécritures d’œuvres de ces périodes ou d’autres c/improvisation, d/ interprétation d’un nouveau corpus d’œuvres suscitées par l’ancrage dans le paysage sonore de ces ensembles et nouvelle vie donnée à la famille d'instruments, dont la facture et la conception furent, par ricochet, parfois révolutionnées. On trouve, dans le CD de ce quatuor féminin 2 transcriptions-réécritures de pièces médiévales, la transcription de deux extraits de pièces d’orgue de Bach (corpus de prédilection, le consort de flûtes constituant de fait une sorte d’orgue « à bouches »), et la création de 5 œuvres de compositeurs actuels. Grandes qualités d'interprétation : perfection sonore, cohérence et équilibre, rondeur, aisance... Malheureusement, les œuvres contemporaines — soit l'essentiel de cet enregistrement ¬— présentent pour nombre d'entre elles une écriture convenue (Sören Sieg accumule des structures mélodiques et rythmiques tirées au cordeau, d'un parallélisme lassant, S. Marshall est totalement passéiste. Theodolou parfois très sirupeux, semble faire des copiés-collés d'air pour orgue de Barbarie, ou user d' un orientalisme de pacotille.) C'est tout au plus gentillet. Aucune pièce ne s'impose à l'auditeur comme une véritable invention. Dommage. (Bertrand Abraham)
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