Pendant longtemps le jugement négatif de Mozart au sujet des frères Stamitz (dans une lettre de 1778 à son père) a fait peser un apriori sur la validité de sa musique. Wolfgang, presque toujours extrêmement injuste avec tous les musiciens contemporains susceptibles de lui faire de l'ombre, ne digérait pas le fait que Carl ait obtenu le poste de Maître de chapelle du Duc de Noailles, alors que lui n'est jamais parvenu à obtenir le moindre emploi à Paris. Pour complaire au rigoriste Léopold, il décrit les Stamitz comme des « dépravés » et « de misérables barbouilleurs de notes ». Des enregistrements pionniers comme ceux du Collegium Aureum dès 1965, ont démontré le parti-pris de Wolfgang. Fils aîné du génial Johann Stamitz qui meurt en pleine gloire alors qu'il a 12 ans, il a pour mentors Cannabich, Holzbauer et Richter, protagonistes émérites de la célèbre école de Mannheim. Brillant violoniste, altiste, virtuose de la viole d'amour, il écrit dans tous les genres de musique instrumentale, des concertos pour à-peu-près tous les instruments (douze concertos pour clarinette, 4 délicieux concertos pour violoncelle, et un nombre important d'œuvres concertantes pour « ses » instruments), une masse de musique de chambre, et environ 80 symphonies. Les 10 présentées ici proviennent de plusieurs opus publiés à Paris dans les années 1770, et constituent donc des premières mondiales. Adoptant la coupe tripartite de la sinfonia à l'italienne, la variété de l'inspiration (avec des solos de violon, hautbois, cors etc..), le sens aigu de la mélodie, de l'expressivité, du « cantabile » rend évident l'urgence d'une telle résurrection sous les auspices inspirés de l'excellent Ensemble Amadeus dirigé par Normann Kästner. (Jean-Michel Babin-Goasdoué)
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