Devil Is Fine

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Fnac Imaginez : le Django de Tarantino égorge un poulet sur scène. Des chants d'esclaves se muent en sons gutturaux hargneux sur fond de guitare électrique déchirante. Le bruit lourd et lent des chaînes qui rythment des incantations sataniques s'effacent pour laisser place à des mélodies typiques du black metal à la Norvégienne. Derrière ce mélange des genres qui met la toile en émoi depuis avril 2016 : le producteur suisse installé à New York Manuel Gagneux, alias Zeal and Ardor ("Foi et ardeur" en VF). Les textes de son album "Devil is Fine" tournent autour des thèmes classiques du black metal : sacrifices, rituels sataniques, sang et feu. Zeal and Ardor pousse le blasphème d'un cran en calquant ses paroles sur des chants spirituels de prisonniers noirs enchaînés les uns aux autres (les "chain gangs") et envoie valser les codes du black metal à la scandinave en l'envoyant faire un tour dans les champs de coton. Le point de départ du projet de Zeal and Ardor, proche de la fiction historique : on a imposé le christianisme aux esclaves noirs d'Amérique, comme aux Scandinaves. Le black metal s'est développé dans les années 1990 aux franges d'un rejet du monothéisme chrétien. Certains de ses chantres ont été les protagonistes de meurtres ou d'incendies d'églises. D'où cette idée : et si les esclaves d'Amérique s'étaient rebellés contre le christianisme de cette façon ? Autrement dit : et si les esclaves s'étaient tournés vers Satan, ça aurait sonné comment ? Lier un genre musical iconique de l'identité noire américaine avec une des branches du metal les plus codifiées, apanage du grand Nord blanc de l'Europe, n'a rien d'anodin. Car malgré l'héritage de Chuck Berry, Little Richard, James Brown ou Jimi Hendrix, le hard rock et le metal restent le pré carré des blancs. Dans la fiction de Zeal and Ardor, des chants noirs reprennent les parjures des blancs : « la rivière se deviendra rouge du sang des saints. Un bon dieu est un dieu mort ».

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Imaginez : le Django de Tarantino égorge un poulet sur scène. Des chants d'esclaves se muent en sons gutturaux hargneux sur fond de guitare électrique déchirante. Le bruit lourd et lent des chaînes qui rythment des incantations sataniques s'effacent pour laisser place à des mélodies typiques du black metal à la Norvégienne. Derrière ce mélange des genres qui met la toile en émoi depuis avril 2016 : le producteur suisse installé à New York Manuel Gagneux, alias Zeal and Ardor ("Foi et ardeur" en VF). Les textes de son album "Devil is Fine" tournent autour des thèmes classiques du black metal : sacrifices, rituels sataniques, sang et feu. Zeal and Ardor pousse le blasphème d'un cran en calquant ses paroles sur des chants spirituels de prisonniers noirs enchaînés les uns aux autres (les "chain gangs") et envoie valser les codes du black metal à la scandinave en l'envoyant faire un tour dans les champs de coton. Le point de départ du projet de Zeal and Ardor, proche de la fiction historique : on a imposé le christianisme aux esclaves noirs d'Amérique, comme aux Scandinaves. Le black metal s'est développé dans les années 1990 aux franges d'un rejet du monothéisme chrétien. Certains de ses chantres ont été les protagonistes de meurtres ou d'incendies d'églises. D'où cette idée : et si les esclaves d'Amérique s'étaient rebellés contre le christianisme de cette façon ? Autrement dit : et si les esclaves s'étaient tournés vers Satan, ça aurait sonné comment ? Lier un genre musical iconique de l'identité noire américaine avec une des branches du metal les plus codifiées, apanage du grand Nord blanc de l'Europe, n'a rien d'anodin. Car malgré l'héritage de Chuck Berry, Little Richard, James Brown ou Jimi Hendrix, le hard rock et le metal restent le pré carré des blancs. Dans la fiction de Zeal and Ardor, des chants noirs reprennent les parjures des blancs : « la rivière se deviendra rouge du sang des saints. Un bon dieu est un dieu mort ».


Spécifications du produit

Marque ADA UK
EAN
  • 0190296982552
MPN
  • 9029698255


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