Programme arménien-polonais pour ce disque signé d'une violoncelliste arménienne et d'un orchestre et un chef polonais. Le sombre et lyrique Concerto pour violoncelle en mi mineur d'Aram Khatchaturian, créé au conservatoire de Moscou en 1946, témoigne des difficultés du compositeur en pleine tourmente soviétique (Il sera par la suite accusé par Jdanov, le censeur nationaliste, comme ses confrères Prokofiev et Chostakovitch d'écrire de la musique hermétique) mais l’œuvre reflète aussi son goût pour le chant et l'Opéra, en témoigne la puissance mélodique et rythmique de la longue cadence du premier mouvement et les nombreux thèmes caucasiens disséminés dans une partition où s'écoule une veine rhapsodique irrépressible. Le deuxième Concerto de Penderecki (1980) est issu de sa période postromantique. Il est composé de six épisodes fragments ou cadences ou le dialogue soliste/orchestre maintient une tension dramatique continue. A défaut des percussions, emblématiques de sa période « sonoriste » Penderecki exploite ici à plein la dialectique du concerto et la technique de l'instrument (Clusters, glissandi, frottements...) sombrant quelquefois dans ses tics d'écriture (Ostinatos répétitifs), afin de créer une série de climax aussi évocateurs que possible. Sans rivaliser avec les grands interprètes de ces deux pages (Navarra, Rostropovitch) Astrig Siranossian en donne une lecture franche et acéré au moyen d'un jeu puissant et dynamique et d'un son élégant et charnu. Le Sinfonia Varsovia dirigé par Adam Klocek lui sert remarquablement de faire-valoir. (Jérôme Angouillant)
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