Baiba Skride aura jusque là confronté son Stradivarius boisé aux concertos du XXe Siècle, une moderniste croyais-je et la voilà aujourd’hui chez Mozart ! J’ai pris l’album avec des pincettes mais dés entendu l’élan avec lequel elle saisit l’Allegro aperto du 5e Concerto, je les ai vite abandonnées. Miracle de fluidité par l’archet, de caractère par la touche, ses Concertos sont des opéras, son violon ose des phrasés de cantatrice, toute une folle imagination de théâtre qui déleste ce mince corpus de tout classicisme. Vous imaginez la turquerie finale du même Concerto en la ! Et comment Evind Aadland, avec qui elle avait déjà trouvé un accord si brillant et si sensible à la fois pour son Deuxième Concerto de Bartók, lui accompagne tout cela dans les teintes automnales de l’Orchestre de chambre suédois… Dans cette fête de plein air, où le violon danse, s’instille dès le Concerto en si bémol une discrète nostalgie portée naturellement par la sonorité légèrement ambrée de son stradivarius aux harmonies si subtiles, elle envahira même les deux Rondos, l’Adagio également, précieux compléments d’un ensemble sensible, émouvant, auquel manque la Symphonie Concertante, le Concertone… demain peut-être ? (Jean-Charles Hoffelé)
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