La production de Mendelssohn en amont et en aval de son premier opus publié en 1823 révèle un cas unique de précocité rimant avec maturité. En comparaison, bien qu'extrêmement prometteuses dans notre vision rétrospective, les œuvres composées par Mozart ou Schubert âgés de 13 à 15 ans auront rarement égalé en plénitude harmonique et en densité contrapuntique celles du jeune Mendelssohn, que l'on prenne ou non en considération à quel point l'Ouverture du « Songe d'une nuit d'été » représente l'apogée d'une telle précocité. Outre les 12 superbes symphonies pour cordes, pas moins de 5 concertos virent le jour entre 1822 et 1824. Diverses et significatives au regard de l'histoire de la musique, les influences et les réminiscences (allant de Bach et ses fils à Weber et Field) s'harmonisent merveilleusement au lieu de simplement cohabiter. Elles dessinent les ramifications nécessaires à l'esprit de synthèse caractérisant les génies. Animés du feu du mouvement ardent, les deux protagonistes de cet enregistrement nous communiquent sans peine l'idéal d'absolu du jeune compositeur mais sa sensibilité, source intarissable d'élans, exigeait un plus l'eau des songes romantiques dont cette interprétation par trop rigoureuse et contrôlée trahit l'absence. (Pascal Edeline)
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