Hormis celui pour violoncelle, les deux autres concertos de Dvorak eurent leurs héros au XXe Siècle: Rudolf Firkusny défendit celui pour piano et l’enregistra à plusieurs reprises toujours avec la même fougue, mais l’on sait moins que Nathan Milstein inscrivit souvent celui pour violon à ses concerts et qu’il l’enregistra par trois fois avec Antal Dorati, William Steinberg puis Rafael Frühbeck de Burgos. Quelle aubaine de voir publié le concert donné à Lucerne le 12 aout 1953, où son archet flamboie dans l’appassionato conquérant des thèmes slaves de l’Allegro mené avec panache par Ernest Ansermet – voilà un ajout majeur à sa discographie! – qui galvanise son soliste mais sait aussi lui tisser des paysages expressifs surprenants: écoutez le quasi moderato où Milstein gourme le grave de son violon sur un concertino de bois envoutant. Quelle interprétation magique ! où il aura fallu appliquer deux fugitives rustines quasi inaudibles prises dans l’enregistrement sensiblement contemporains avec William Steinberg, la bande ayant été endommagée en ces brefs endroits. A cette merveille s’ajoute une lecture preste, sur les pointes, un peu sèche du Concerto de Mendelssohn que Markevitch dirige en ligne droite. Mais peu importe à Milstein, il chante, éloquent mais stylé, archet tenu, phrasés parfaits, geste un rien hautain. Vous l’avez compris, pour le Dvorak en tous cas l’album est imparable (Discophilia - Artalinna.com). (Jean-Charles Hoffelé)
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