Le disque réparera-t-il l’injustice ? Les Concertos pour piano de Koczalski, interprète inorthodoxe de Frédéric Chopin dont les gravures restent aussi remarquables que contestées, fut d’abord compositeur, et des plus prolixes : 150 numéros d’opus qui le placent en marge du groupe Jeune Pologne où brillaient les talents plus modernes de Szymanowski, de Fitelberg. Mais Koczalski a son ton propre, sa lyrique, son écriture reconnaissable immédiatement par ses couleurs exactes, ses mélodies senties, la perfection d’une écriture jamais académique qui le rapprochent d’un Medtner dont il a les accents rapsodes, d’un Rachmaninov pour le pathos comme pour les fulgurances. Les deux derniers Concertos pour piano se contrastent : le 5e, composé en 1942 dans les tensions qu’on imagine, est une œuvre au noir, amère, âpre, mais la perle des deux reste l’ultime 6e, partition d’un lyrisme crépusculaire, d’une poésie envoutante, vrai chant du cygne de son auteur qui s’éteindra deux années plus tard. Joanna Lawrynowicz en domine l’écriture profuse, trouve la lyrique si singulière de ces deux opus, porté par l’orchestre poétique de Lublin. Et si demain Wojciech Rodek se penchait sur les deux Symphonies ? (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
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