C’est dans une version de chambre, pour harpe et quatuor à cordes, que vous découvrirez ici les trois concertos No 10, 12 et 13 de Mozart, car la harpe, instrument intimiste, se sent plus à l’aise en compagnie restreinte. Ce sont des œuvres de jeunesse. La jeunesse, dans le cas de Mozart, étant évidemment toute relative... Mais Mozart, avec son langage harmonique limpide, se prête volontiers à la transcription ! Et une fois les problèmes d’élocution partiellement résolus, la harpe devient mozartienne dans l’âme, car elle possède cette élégance, cette légèreté et cette transparence si essentielles à sa musique aérienne… Et puis, au risque de vous surprendre, Mozart à la harpe me semble plus authentique et plus proche de la vérité historique, car son timbre est, bien plus que celui d’un Steinway moderne, proche du timbre du Pianoforte. Comparez la sonorité d’un pianoforte de l’époque à celle d’une harpe, et vous serez étonnés de trouver bien des points communs : la même fragilité, le même toucher cristallin, le même halo de résonances qui auréole chaque note d’une façon si magique. Mozart se prête volontiers à la harpiste, disais-je, mais tout est relatif bien entendu, et le prêt n’est pas sans intérêts. Il m’a fallu le payer cher et batailler avec mon instrument pour en repousser les limites, mais surtout lui apprendre à parler. Car autant la harpe est à l’aise dans son rôle d’accompagnatrice, autant elle est tout d’un coup très intimidée si on lui demande de prendre la parole et de nous exposer son point de vue…
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