Tout ce que Beethoven aura composé pour le piano et l’orchestre, les cinq Concertos bien entendu, mais aussi le rarement enregistré n°0, le Triple Concerto, le Rondo, Mari Kodama aura assemblé cette intégrale patiemment à partir de 2006 et l’aura bouclé cette année juste à temps pour les célébrations Beethoven. Il lui restait un peu de temps en studio, juste assez pour graver seule d’impeccables Variations Eroïca très grand style, au vocabulaire pianistique châtié. Pour le Triple Concerto, joué comme une partie de plaisir, elle est rejointe par rien moins que Kolja Blacher et Johannes Moser, écoutez les chanter à tue-tête ! Mais évidemment, le grand œuvre reste les cinq Concertos, même si sa lecture précise, lumineuse du petit concerto de jeunesse trouve dans son clavier tout l’esprit de Haydn que Beethoven y a versé. Les deux Premiers furent enregistrés d’emblée, mozartiens, fusants, d’une élégance folle, avec ce sens des tempos justes qui fait les phrasés évidents et les rythmes impeccables. Kent Nagano lui allège l’orchestre, comme il le fait également pour un Troisième Concerto au lyrisme ombreux, joué avec une attention chambriste : Mari Komada sait écouter les voix intérieures. Et soudain une immense lumière vient envoler le 4e puis l’Empereur : quelle sonorité admirablement classique, d’une pureté, d’une élégance qui exhaussent la langue de Beethoven, la font dans ses foucades même sœur absolue de la lyrique mozartienne, quel soleil dans ce clavier que soutient avec finesse Kent Nagano. Après une telle réussite, il faudrait que Mari rattrape sa sœur : comme Momo Kodama le fit avant elle, elle nous doit maintenant toutes les Sonates ! (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
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