Après sa collection de Concertos romantiques, Hyperion se lance dans une série de Concertos classiques, sous la houlette de Howard Shelley, grand spécialiste de Clementi. L'unique Concerto que l'on ait conservé du compositeur italien -élevé à Londres- est une ouvre exubérante qui rappelle le style de Haydn, non seulement par la construction des mouvements, mais également dans la Contredanse tellement viennoise qui clôt la partition. Les deux Concertos de la plume du fils de Mozart sont plus imposants, et pour cause : entre temps Beethoven a révolutionné le genre. Le premier est l'ouvre d'un jeune homme de 18 ans, fortement marqué par l'esthétique de son père, bien que le soliste ait ici un rôle dominant dans le dialogue avec l'orchestre. Le second, écrit en vue d'une tournée de concert, se révèle encore plus virtuose. Le premier mouvement accumule les difficultés, mais on est saisi par un très beau (et trop court) mouvement lent préromantique ainsi qu'un final endiablé à la manière d'un air d'opéra-comique rossinien. Comme son père, le fils Mozart savait s'approprier des styles très diversifiés. Rompu aux pages de cette période, Howard Shelley est assurément un guide de choix dans ce répertoire peu connu. (Thomas Herreng).
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