Pump and circumstance, ou comment un trait de génie mélodique assure à lui seul la postérité d’un compositeur…en éclipsant le reste de son œuvre. Session de rattrapage avec cette nouvelle livraison du Hallé. La suite de Falstaff, à laquelle Elgar tenait particulièrement (et qui fut un échec à sa création) nous parle surtout de la jeunesse évanouie, de ce qui aurait pu être et ne fut pas. Tirant le meilleur d’une orchestration roborative, où chaque instrument soliste est bien servi, Mark Elder donne de l’œuvre une version jubilatoire, avec un sens du pittoresque qui nous rend Falstaff et Hal proches et vivants. La romance pour basson, tendre et nostalgique (Elgar fur bassoniste dans sa jeunesse) fait transition avec le concerto pour violoncelle. Après un adagio moderato majestueux et un rien intimidant, un allegro molto pétillant, l’adagio émeut par sa retenue et son lyrisme, avant un allegro final d’un optimisme résolu. Le soliste Heinrich Schiff impressionne par sa projection et par la sobre beauté de son timbre. Une première mondiale de 40 secondes, merveille d’humour so british conclut ce disque-confession, où vous (re)trouverez l’Elgar le plus personnel, et le plus attachant. (Olivier Gutierrez)
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