Ce cinquième volume de concertos vivaldiens dédié au basson soliste confirme un corpus d’exception particulièrement inventif, que Sergio Azzolini sert en maître. On découvre maintenant l’immensité du répertoire concertant composé par Vivaldi. Le violon n’est pas l’unique élu, et le basson a donné lieu à un catalogue particulièrement remarquable, par sa taille comme par son homogénéité stylistique et la place soliste qu’il donne à l’instrument, jusqu’alors dévolu au continuo. Sept nouveaux concertos viennent compléter les vingt-six déjà enregistrés dans quatre premiers volumes de l’Édition Vivaldi, une anthologie entamée en 2009 par Sergio Azzolini avec L’Aura Soave, poursuivie aujourd’hui avec L’Onda Armonica, que la presse n’a pas manqué de saluer à chaque parution. « [Sergio Azzolini] est un maître accompli de son instrument et quelles que soient les difficultés que Vivaldi place devant l’interprète, il les transforme en quelque chose de merveilleux – sa virtuosité est stupéfiante, mais il est également doué pour définir chaque mélodie en quelque chose proche de l’enchantement », écrivait dès le premier volume la Early Music Review (octobre 2010).Le bassoniste italien et son ensemble livrent ici un nouveau témoignage de leur engagement sans faille envers ce répertoire virtuose tant pour le soliste, dont Vivaldi exploite en avant-gardiste les effets pyrotechniques et l’ensemble du potentiel expressif, que pour l’orchestre, étoffé de vents, théorbe, luth, guitare et harpe, orgue et clavecin. « J’ai fait ce choix, explique Sergio Azzolini, suite à l’étude approfondie des partitions de Vivaldi conservées à la bibliothèque de Dresde : on y trouve une série de compositions conçues uniquement pour un ensemble de cordes, mais enrichies ou plutôt colorées par de nombreux instruments à vent. » Ce large effectif confère un caractère assez dramatique aux concertos, que le basson souligne dans des passages lyriques et élégiaques aussi bien que joyeux et brillants : ce soliste extraverti – à qui Sergio Azzolini confie des cadences tirées de concertos pour violon (RV 479, RV 486) – se plaît dans une effervescence qui va parfois jusqu’à la frénésie (RV 489, RV 497), mais ne dédaigne pas aussi des monologues plus méditatifs (RV 479).
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