Si une quinzaine de concertos pour flûte traversière composés par Vivaldi nous sont parvenus, d’autres ont bien existé mais sont perdus, même s’il en reste parfois les titres voire les débuts : ainsi le concerto RV 784, dont l’incipit nous est transmis à travers le catalogue de la bibliothèque des Esterházy de Eisenstadt, ou encore le concerto RV 805 qui est mentionné dans un catalogue ancien strasbourgeois et dont l’attribution à Vivaldi ne fait aucun doute du fait que le thème cité apparaît dans deux autres œuvres vivaldiennes (le concerto pour violon RV 217 et la cantate Vengo a voi, luci adorate RV 682) – l’autocitation étant l’une des récurrences caractéristiques du processus créatif vivaldien. La première œuvre de Vivaldi dédiée à la flûte traversière et dont la datation semble clairement établie est l’aria Sol da te moi dolce amore (Acte I, scène 11) de l’Orlando furioso RV 728, créé en 1727. Mais on peut supposer que le compositeur a commencé à faire appel à cet instrument dès le milieu ou la fi n des années 1710, en guise d’alternative à la flûte à bec encore très présente à cette époque en Italie. Le réemploi d’œuvres initialement dédiées à cette dernière est par ailleurs une caractéristique importante du répertoire pour flûte traversière vivaldien : dans l’Opus 10, trois des six concertos (RV 434, 437 et 439) sont en réalité des réélaborations d’œuvres antérieures destinées à la flûte à bec. Par ailleurs, deux autres concertos du même recueil (RV 428 et RV 433) sont également des arrangements d’œuvres préexistantes, dont les versions originales sont cette fois dédiées également à la flûte traversière
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