Le Requiem en Do mineur, cathédrale sonore édifiée à la mémoire de Louis XVI, déploie de l'Introïtus jusqu'à l'Agnus Dei final, en passant par le long Offertorium, recueillement, solennité, intermèdes choraux et déchaînements orchestraux. L'interprétation qu'en donne le chœur et l'Orchestre Philharmonique d'Altenburg-Gera dirigé par Matthias Grünert correspond parfaitement à l'idée que l'on se fait de cette œuvre, un requiem romantique qui influencera Verdi et Berlioz. Œuvre majestueuse, révoltée mais aussi dramatique et doloriste. La Marche funèbre n'a pas la même hauteur de vue. Funèbre équivaut ici à lourd et pompeux. L'interprétation traînante de l'orchestre n'arrange en rien cette page ingrate. Composé en 1805 sur la base d'une rumeur parisienne (La mort de Haydn), le Chant sur la mort de Haydn a tout d'une cantate maçonnique. L'argument littéraire en lui-même signé Louis Guillemain de Saint Victor fait explicitement référence à la Loge (Haydn était franc-maçon). Chérubini complète l'orchestre à cordes avec une petite harmonie cuivres et bois et en tire une musique certes illustrative mais efficacement roborative. (Jérôme Angouillant)
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