Maître de chapelle en Bohème et en Allemagne du Nord, Augustin Pfleger fut l'élève de Johann Erasmus Kindermann, compositeur et organiste de Nuremberg qui avait étudié à Rome et à Venise avec Cavalli. Peut-être également avec Monteverdi dont l'enseignement direct ou indirect finit par imposer les vertus de son langage subtil et expressif aux exigences de la liturgie des chapelles protestantes. Moins festive qu'à Venise : contraintes ordinaires décrites par Schütz durant la Guerre de Trente ans, l'absence d'instrumentarium opulent, de chour autre que celui formé par les solistes, rapproche les cantates de Pfleger des « Concertos sacrés » pour une à trois voix et basse continue de Monteverdi. Ceux-ci formaient dans ses Vêpres autant d'intermèdes intimistes entre les psaumes dont le texte en latin permit aux compositions qu'en fit à son tour Pfleger d'être jouées à la cour de Suède. Bien qu'ouvertes à la modernité du genre « représentatif » italien faisant appel à l'écriture concertante et aux vocalises, les ouvres rattachées spirituellement au piétisme préfèrent l'introspection à la théâtralité. L'usage modéré du chromatisme et de la virtuosité conserve à l'ensemble une sobriété menant à l'émotion simple. La cohérence et la justesse de tous les chanteurs et instrumentistes semble nous la restituer intacte. (Pascal Edeline)
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