Vous aviez aimé « Die dicken Wolken scheiden sich » ? Alors ne ratez pas ce nouveau volume par les mêmes interprètes ! Quelle fête, alors que l’encre des éditions critiques est à peine sèche (2017 pour TWV 2:5, 2019 pour TWV 13:14 qui est une première discographique), voire pas encore prête (pour le petit motet TWV 14:11 dont Ira Hochman prépare elle-même l’édition)… Les œuvres étant de circonstance (on inaugure une église ou une « Lateinschule », on lance ou clôture une session d’examens), les clichés abondent : rien ne nous est épargné des flûtes pour évoquer les bergers, des gammes instrumentales ascendantes et intervalles vocaux géants sur les « erheben » et « erhöhen », ni des timbales pour illustrer… les timbales. Mais Telemann vieillissant est tout sauf un tâcheron consciencieux : si on ne plane pas dans d’absolues hautes sphères spirituelles voilà une musique pleine de couleurs et de « jus » savoureux, qui a dû transporter ses premiers auditeurs. L’ensemble dirigé du clavecin par Hochman s’en empare avec son habituel savoir-faire et surtout un enthousiasme communicatif. Cette fois c’est à la basse de Fabian Kuhnen qu’il échoit de dramatiser les récitatifs, alors que le ténor de Mirko Ludwig explore des terrains plus festifs. Quant à l’alto d’Alon Harari, les duos de TWV 2:5 le trouvent particulièrement en situation, son timbre se mariant très bien à ceux du ténor et de la soprano Hanna Zumsande. On en redemande. (Olivier Eterradossi)
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