La trilogie Songs est close. Un nouveau chapitre s'ouvre, The Broken Man s'annonce d'ores et déjà comme la réalisation la plus délicate de Matt Elliott. Les incursions noise qui caractérisaient son précédent disque, Howling Songs, sont ici mises de côté pour se concentrer sur des mélodies fragiles. L'auditeur devra avancer aveuglement pour découvrir par de-là ces nappes folk brumeuses une lueur d'espoir. Pourtant, la sincérité, palpable, fait de ce nouvel album une expérience particulièrement immersive. On se laisse facilement posséder par ces boucles et ces accords toujours emprunts de la musique d'Europe de l'Est, mais également par cette voix tantôt fantomatique, tantôt exacerbée, toujours habitée. Matt Elliott pose sa voix sur une imposante et magnifique improvisation au piano de Katia Labèque. Une collaboration qui dévoile une nouvelle manière d'aborder son travail, tout comme le virage psychédélique du dernier titre, The Pain That's Yet To Come, qui laisse présager une ouverture vers de nouveaux horizons. Et comment ne pas également souligner le titre Dust Flesh and Bones, peut-être le plus beaux et le plus poignant de son répertoire, qui amène l'émotion à son paroxysme. The Broken Man prend son temps, se dévoile peu à peu à l'oreille. Mixé par Yann Tiersen, cet album fait office de passerelle entre les travaux acoustiques et les autres plus électriques, marquant ainsi un véritable point d'équilibre entre les deux univers affectionnés par Matt Elliott et devrait séduire aussi bien les amateurs de The Third Eye Foundation que ceux de sa carrière solo.
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