Dans la famille Bononcini, je voudrais le fils cadet…S’il fit une carrière moins tonitruante que son aîné, Antonio Maria fut vite considéré comme au moins aussi doué, en particulier du fait de sa maîtrise du contrepoint et des dissonances. Pour preuve ce Stabat Mater, son œuvre la plus connue, dont revoici la version enregistrée à la fin des années 80 par la Camerata ligure rebaptisée depuis Alessandro Stradella Consort. Ceux qui ont entendu la version d’apparat qu’en donna un peu plus tard Alessandrini (avec Sara Mingardo, formidable) trouveront peut-être l’interprétation de Velardi âpre, lente, assombrie par le diapason, oscillant sans cesse entre douleur et consolation : elle est finalement bien plus fidèle à la lecture doloriste du texte, mais dérangeante. Impossible d’écouter distraitement, au risque de ressentir une certaine gêne, la multitude de dissonances (parfois surexposées, parfois furtives comme les cordes sous « vidit suum... ») auxquelles s’ajoutent ça et là quelques problèmes d’intonation. Par contraste la brève cantate est presque sage, avec ses récitatifs qui évoquent les futurs grands oratorios classiques. A noter une curiosité : l’utilisation par la notice d’une traduction anglaise versifiée très éloignée du latin original, qui fait perdre une partie du sens littéral du texte. (Olivier Eterradossi)
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