Cet album, souvent injustement sous-estimé, est pourtant une vraie merveille contenant le plus atypique des Stones, en version totalement réussie (ce qui n’est pas le cas de leur autre exception discographique, le psyché « Their Satanic Majesties Request »). A vrai dire, « Between The Buttons » est un instantané du Swingin’London de 1966 (l’album est sorti en janvier 67). Là, les Stones calment le jeu, et écoutent manifestement les Kinks, les Small Faces et les Beatles, qui connaissent à l’époque leurs plus riches heures et signent des singles grandioses remettant au goût du jour l’Angleterre victorienne, le vaudeville et d’autres instruments faisant leur première apparition dans la pop comme le clavecin, le tuba, le cor de chasse, etc. Les Stones décident alors de jouer dans la même cour et semblent vouloir cacher, un peu honteux, leurs influences classiques (Chuck Berry, Bo Diddley etc., alors passablement has been). Et c’est ainsi qu’ils ont bricolé un album stupéfiant contenant certains de leurs morceaux les plus intrigants (Connection, My Obsession, Complicated, Something Happened To Me Yesterday, Yesterday’s Papers)… Pop délicate, architectures baroques, (c’est l’époque où les Stones sortaient en single Let’s Spend The Night The Night Together et Ruby Tuesday), cet album mineur est, pour qui sait l’écouter, un vrai bijou sixties. Cette version américaine inclut les deux singles précités mais fait disparaître Back Street Girl et son accordéon magique ainsi que Please Go Home. Le mieux aurait été évidemment de rééditer la version anglaise intégrale en lui adjoignant les deux singles…. Mais les Stones ont toujours été un peu radins.
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